• Mariane

Accouchement masqué

Mis à jour : 19 déc. 2020

De nombreuses maternités demandent le port du masque en salle d’accouchement pour protéger les soignants. Mais à l’heure où l’OMS déconseille vigoureusement le port du masque pendant la pratique d’activité physique, ce règlement fait débat. Alors nécessité sanitaire ou violence obstétricale superflue ?


Pas de consensus scientifique sur la question

Le consensus scientifique sur la question n’est pas établi. Si plusieurs médecins excluent le port du masque par crainte que l’hyperventilation de l’accouchement ne mette en danger la mère, d’autres affirment que le masque n’apporte qu’un désagrément minime.

C’est que le coronavirus, et le port du masque à grande échelle, étant très nouveau, la littérature scientifique reste encore assez pauvre. Je n’ai trouvé qu’une seule étude, datant de 2015, comparant la pression artérielle et la pression pulmonaire de femmes enceintes ou non durant l’exercice physique. L’étude concluait par la négative mais le faible échantillon (16 de chaque) ne permet pas de s’assurer que nous sommes en dehors de la marge de fluctuation d'échantillonnage (l’échantillon n’est pas suffisamment grand pour être statistiquement représentatif).


En conséquence : des réponses variées

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et dans la plupart des pays occidentaux, le masque est obligatoire dans l’hôpital partout sauf pendant l’accouchement, où c’est au cas par cas.

En France, le conseil des médecins recommande le port du masque tandis que celui des sages femmes au contraire recommande de dépister les mères et de ne masquer que les femmes testées positives au covid-19. Selon une étude, 46% des femmes françaises ayant accouché en été 2020 l’ont fait masquées.



Un protocole sanitaire difficile pour la santé physique et mentale des femmes enceintes

Selon une enquête réalisée par le collectif TCVOG (Tou.te.s Contre les Violences Obstétricales et Gynécologiques) sur plus de 2000 femmes : De nombreux hôpitaux ont retiré toute préparation à l’accouchement pour les femmes, ce qui alimente leur stress et leurs difficultés le jour J.


Une corrélation semble aussi apparaître entre le port du masque et les complications : expression abdominale, perfusion d’ocytocine pour augmenter les contractions, péridurale même quand le projet de la mère s’y opposait, extraction instrumentale (forceps, cuillère, ventouse), déchirure du périnée. Aucune causalité n’a cependant été démontrée et il est probable que ce soit plutôt l’épuisement des soignants pendant cette période qui soit à mettre en cause.


Il ne faut pas mésestimer l’effet de l’interdiction des visites de la famille et de la forte limitation de celle du conjoint avant pendant ou après l’accouchement. Le nombre de dépressions post partum est très élevé dans l’échantillon interrogé.


La carte des maternités

A partir de cette enquête, le collectif a réalisé une carte répertoriant les cliniques et les classant selon leurs pratiques obstétricales


Mariane

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